11h, un mardi de janvier. Une cliente potentielle m'envoie un message : "Votre site met une éternité à charger, j'ai abandonné." Mon site de photographie de mariage. Mon portfolio. Ma vitrine professionnelle.

Je l'ouvre sur mon ordinateur. Ça charge en deux secondes, parfait. Mais elle était sur son téléphone dans le train. J'essaie depuis mon mobile. Une page d'accueil : 45 secondes. Quarante-cinq secondes à regarder un écran blanc.

Je comprenais rien. J'avais mis mes plus belles photos, celles qui montrent vraiment la qualité de mon travail. Des images directement sorties de mon appareil professionnel. 8 Mo chacune. J'en avais quinze sur la page d'accueil.

Faites le calcul : 120 Mo à télécharger juste pour voir ma page d'accueil. Sur la 4G en campagne, autant attendre Noël.

Google m'a enfoncée aussi. Ils favorisent les sites rapides dans leurs résultats. Mon concurrent avec ses photos moyennes mais son site rapide apparaissait avant moi. J'avais le meilleur travail, la pire visibilité.

Un développeur m'a montré des outils de compression. On a réduit mes images à 200 Ko chacune sans perte visible de qualité à l'écran. J'ai aussi appris à charger les images progressivement, pas toutes d'un coup.

Temps de chargement après correction : 4 secondes sur mobile. Mes réservations ont augmenté de 40% le mois suivant. Juste parce que les gens pouvaient enfin voir mon travail.

L'ironie ? Je passais des heures à perfectionner mes photos en post-production, mais je sabotais tout en les mettant en ligne n'importe comment. La technique compte autant que l'artistique, même quand on préférerait l'ignorer.